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Interview de Agnès Marot et Cindy Van Wilder !

À l’occasion de Scientilivre à Toulouse, le 19 octobre, nous avons rencontré Agnès Marot et Cindy Van Wilder ! Nous vous proposons donc aujourd’hui, à la place de nos critiques hebdomadaires, un interview de ces deux auteures très complices !

Gribouille et Plume : Pourriez-vous vous définir chacune en trois mots ?

Cindy van Wilder :  Belge (éclats de rire collectifs). Quoi ? C’est un mot ! Passionnée et chat.

Agnès Marot : Oh non ! J’allais dire chat, thé et chocolat, mais je vais trouver un autre mot … Éditrice, thé et chocolat.

G&P : Agnès, nous avons lu IRL et Erreur 404 et nous aimerions savoir d’où vous est venue l’inspiration pour pénétrer dans ce monde informatique ?

A.M : Alors, c’est un sujet qui m’intéresse beaucoup. Je suis très geek et addict aux nouvelles technologies. Je joue beaucoup aux jeux vidéos et, donc, forcément, je lis beaucoup sur le sujet et j’y réfléchis aussi. Pourquoi a-t-on cet intérêt-là ? Quels sont les avantages ? Quelles peuvent être les dérives ? Et il y a un film en particulier qui est à l’origine  : The Truman Show. C’est l’histoire d’un homme qui vit sa vie, comme n’importe qui. Puis on se rend compte que c’est un personnage de téléréalité, tout le monde suit sa vie. Mais lui n’est pas au courant. Un peu comme Chloé d’IRL, à la différence que tous les gens autour de lui sont des acteurs et qu’il est dans une ville « fermée », et, qu’à la fin, une porte lui permet de sortir. Donc je trouve que c’est un concept qui est extra, même si le film date un peu maintenant (c’est avec Jim Carrey). Donc, j’ai beaucoup réfléchi à ce film et je me suis dit : « En fait, maintenant, avec la réalité virtuelle et les nouvelles technologies, il existe encore une nouvelle dimension ! » Voilà, c’est donc parti de là.

G&P : Au niveau de vos connaissances informatiques, vous avez dû faire beaucoup de recherches ou vous vous y connaissiez déjà assez ?

A.M : J’ai fait un peu de recherches, même si j’ai des connaissances de base. Je vis au quotidien avec des informaticiens et des ingénieurs, donc ça aide. Mais j’ai fait des recherches, notamment, par exemple, pour matérialiser Chloé dans le monde réel. Je savais que l’impression biologique existait déjà un peu, mais j’ignorais s’il était plausible d’imaginer, un jour, l’impression biologique d’un corps entier. J’ai rencontré, complétement par hasard pendant l’écriture, un scientifique qui travaillait sur une imprimante de cellules. Il m’a offert un tibia et il m’a aussi imprimé des oreilles. Voilà, c’était ce genre de recherches.

G&P : Merci ! Cindy, nous avons lu La Lune est à nous, nous savons que c’est un registre très différent de Les Outrepasseurs. Comment vous est venue cette envie de crier à l’injustice comme vous le faites pour les personnages que sont Max et Olive ?

CVW : En fait, je refuse de me cantonner à un seul registre. D’autant plus que l’idée m’est venue de parler de deux personnages qu’on pourrait croiser dans la rue tous les jours ; ceux qu’on ne place toujours qu’à l’arrière-plan et qui ne sont jamais les héros, et ce, pour la seule raison qu’ils sont gros. Et je me suis dit : « Ce n »est pas logique ! » Donc voilà, je vais parler aussi de ces deux personnages que sont Max et Olive, et en même temps je vais les mettre au premier-plan ; puisque je pense que chacun mérite d’être le héros ou l’héroïne d’une histoire. Alors j’ai eu la très bonne idée d’en parler à ma chère Agnès, ici à mes côtés, qui est aussi éditrice (ce que j’avais complétement oublié à l’époque) et qui m’a dit: « Écoute, ça t’intéresserait de me raconter leur histoire ? De me l’écrire ? » Et là, je n’ai pas pu résister, donc j’ai plongé dans l’écriture.

G&P : Et enfin, avez-vous chacune des petits conseils à donner aux deux jeunes écrivaines en herbe que nous sommes ?

A.M : Ne lâchez pas l’affaire et ayez confiance en vous. C’est le plus dur.

CVW : Lire, lire, lire et lire. Et surtout, lire de tout. Aussi bien romans que BD que mangas, comme des autobiographies ou des romans Young Adult etc. C’est comme ça que vous allez vous forger une culture littéraire. Et je trouve qu’à ce moment-là, on arrive à décrypter comment chaque écrivain et écrivaine construit son intrigue. Et ça peut nous donner des idées !

G&P : Merci beaucoup !! 🙂

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Christian Grenier

Oui, nous avons interviewé le célèbre auteur de roman lors du salon du livre de Montgiscard ! Il a répondu à nos questions sur son livre « Virus L.I.V.3 ou La Mort des Livres »:

Résumé de Virus L.I.V.3 ou La Mort des Livres :

L’histoire se déroule dans un futur dans lequel l’Europe est gouvernée par la République des Lettres. Cette république est constituée d’amoureux des livres qui ne voient pas vraiment les écrans d’un bon œil… Dans ce monde les Zappeurs (les geeks) sont hors-la-loi. Et puis un jour, on se rend compte qu’un virus informatique détruit les livres ! Ce virus, L.I.V.3, a certainement été créé par les Zappeurs. Les Lettrés font alors appel à Allis W.C. Wonder, une jeune fille inconnue des Zappeurs qui va pouvoir espionner en se fondant dans la masse, pour les aider. Allis est leur dernier espoir !

Couverture

Gribouille & Plume : Nous avons lu votre livre L.I.V.3 ou la mort des livres et nous voudrions savoir, d’où vous est venue l’idée de cet univers ?

Christian Grenier : Il y a deux idées qui me sont venues et que j’ai mélangées. La première c’est de prendre le contre-pied d’un grand roman de Bradbury qui s’appelle Fahrenheit 451, de lui rendre hommage d’une certaine façon. Dans Fahrenheit 451, il imagine un monde sans livres. Et moi, comme on est envahi par les écrans, je voulais prendre le contre-pied et imaginer un monde où les écrans sont interdits. Et, bien sûr, ce monde est gouverné par des gens qui n’aiment pas beaucoup les écrans et qui aiment surtout les livres : ce sont les Lettrés. Et en même tant, il y a une autre idée qui m’a été livrée sans qu’elles le sachent par des bibliothécaires (je dit elles parce que se sont souvent des dames). Elle me disaient très souvent, il y a quinze, vingt ans : « Il y a beaucoup d’écrans, il n’y a presque plus de livres. Les jeunes abandonnent la lecture au profit des écrans. Ne pensez-vous pas que le livre va mourir et c’est pour quand ? » Elles avaient prévu la mort du livre. C’était tellement provocateur que je me suis dit que j’allais écrire un livre dans lequel les Lettrés gouvernent et surtout dans lequel le livre ne mourrait pas. J’ai aussi imaginé, pour corser l’intrigue, que les gens qui aimaient les écrans allaient lutter contre les Lettrés et allaient essayer de tuer le livre grâce à un virus informatique.

G&P : Si vous étiez un personnage du livre, vous seriez Zappeur ou Lettré ?

C.G. : Le problème c’est que je suis un Zappeur-Lettré ! Je suis avant tout un Lettré : j’ai été prof de Français, je suis écrivain… Sauf que je travaille avec un ordinateur et que j’ai un site internet.

G&P :Est-ce que vous pensez que cela pourrait être notre futur ?

C.G. : Non pas du tout. Je ne pense pas (hélas) que les Lettrés nous gouvernent un jour. Quand on voit les dirigeants comme M. Trump qui, je pense, est très très loin des Lettrés.

G&P : Pourquoi êtes-vous devenu écrivain ? Qu’est-ce qui vous a donné envie de le devenir ?

C.G. : Je le suis devenu un peu malgré moi. Disons, pour faire court, que j’ai commencé à écrire quand j’étais très jeune. J’ai fais la connaissance d’une jeune fille, qui est devenue ma femme, et qui était mon unique lectrice quand j’avais quinze ans. J’ai été prof pendant douze ans. Ma femme m’avait offert une machine à écrire quand on venait de se marier. Et mon premier roman tapé à la machine a été publié ! Et peu à peu j’ai commencé à vivre de ma plume. Mais, au départ, je n’avais pas spécialement envie d’être écrivain. J’écrivais comme on fait de la bicyclette ou comme on chante sous la douche. J’aimais écrire, mais je ne pensais pas qu’un jour, j’en ferai mon métier. J’en suis très content. Parce que quand une passion devient un métier, c’est extraordinaire !

//Propos recueillis par Gribouille & Plume//